JEAN-FRANCOIS CHAMPOLLION
        (Figeac 1790-Paris 1832)
 
 
 
"Derrière chaque grand homme se cache une femme..."   A cette expression souvent employée on pourrait ajouter"une femme et une ville"; une ville qui a vu naître, grandir et mourir. Un lieu chargé de souvenirs diverses et d'émotions, un lieu parfois indissociable de son natif. Tous les grands personnages de l'histoire ont vu leur destin lié à un endroit précis, symbole de leur réussite ou de leur échec dont on conserve jalousement le souvenir. 
De Colombey-Les-Deux-Eglises à Auvers-sur-Oise , nombreux sont les lieux célèbres pour avoir donné naissance, ou abriter la tombe d'un être au destin exeptionnel.Figeac fait partie partie de ceux-là...
 
En effet le 23 décembre 1790 nait à Figeac un des plus brillant esprit scientifique de son temps: Jean-François Champollion. Evoquer l'existence de ce savant extraordinaire n'est pas chose aisée,tellement sa vie fut riche et fructueuse.
Lorsque l'on parle de lui, on se rend compte que tout le monde connait son nom et mieux encore  sait ce qu'il a fait.On le respecte et on l'admire car il est celui qui a rendu possible la compréhension d'un monde jusqu'alors totalement mystérieux, la Civilisation Egyptienne, gràce au déchiffrement de sa langue écrite, les hiéroglyphes.Cette découverte scientifique majeure l'a fait rentrer dans l'histoire mais sa vie à elle seule est un monument .
 
Quand il nait en 1790, La Révolution chamboule tout sur son passage et fait éclater un monde jusqu'alors figé dans ses traditions féodales.Son père est libraire à Figeac et il a trois soeurs et un frère Jacques-Joseph, qui aura une importance capitale dans sa vie. Ce frère ainé qui a 12 ans de plus que lui est lui aussi un esprit remarquable.Il devine très vite les dons précoces de son cadet pour les langues et décide de prendre en main son éducation.Installé à Grenoble, Jacques Joseph travaille et se perfectionne dans les lettres anciennes, sa grande passion.Il deviendra très vite un érudit reconnu et un homme très recherché dans la haute société grenobloise.Jean-François Champollion a une grande admiration pour son frère ainé et son départ pour Grenoble le déçoit beaucoup.Pendant ce temps il poursuit ses études à Figeac mais il rencontre des problèmes; il est alors confié à un religieux en 1799 Dom Calmels qui lui enseigne le latin. Très vite celui ci observe chez son élève un don et un goût très prononcé pour les langues mais aussi pour le dessin: Pourtant l'enfant a des lacunes mais Don Calmels pressent chez lui un talent exceptionnel. A cette époque Jean-François est déja passionné par ce qu'il fait, et montre un tempérament "volcanique", emporté, enthousiaste à l'excès...un véritable méridional!Ce caractère explosif le suivra toute sa vie ,et marquera cette personnalité unique.
Mars 1801 est une dâte primordiale dans la vie de J-F Champollion. Il part pour Grenoble rejoindre ce frère ainé tant admiré. Il a onze ans et commence alors sa véritable éducation. Confié d'abord à un instituteur, il poursuit ensuite ses études avec son frère, qui lui enseigne le latin version et thème chaque jour, grammaire française . Au bout d'un an, il est confié à un prêtre l'abbé Dussert très aprécié à Grenoble.L'enfant qui vit quotidiennemnt avec un passionné de livres et de langues anciennes, ressent lui aussi cet amour des lettres anciennes et commence à développer ses remarquables dons.A l'école de l'abbé, on lui permet d'étudier l'hébreu mais aussi trois autres langues sémitiques: l'arabe, le syriaque et l'araméen. L'enfant n'a que douze ans et demi....son seul point faible si on peut dire ce sont les mathématiques.Cet amour des langues anciennes, sa passion pour la traduction et le déchiffrement des écritures peuvent paraître étonnante chez un enfant de cet âge mais son génie naissant est chaque jour positivé et influencé par son frère ainé.
 
En 1804 il passe le concours d'entrée au lycée où il est admis .Il y fait des études brillantes mais ne s'y plait pas du tout : la discipline lui est insupportable.Sa connaissance des langues s'enrichit : il lit la Bible dans le texte, le Coran, le grec, le syriaque et le chaldéen.A ce moment c'est un adolescent passionné, révolté et qui se prépare à un destin exceptionnel.
Il commence à se passionner pour l'Egypte, monde encore mystérieux mais qui  intrigue  depuis la campagne d'Egypte de Bonaparte en 1799. Il faut imaginer l'adolescent dévorant les livres, les dictionnaires , étudiant sans relache, traduisant avec plaisir la Bible, les auteurs grecs.Il étudie aussi particulièrement le copte(langue issue de l'ancien égyptien écrite en un alphabet dérivé du grec)et se rend compte très vite que cette langue est une clé indispensable pour comprendre  l'écriture pharaonique.
Tout le porte à se passionner pour l'Egypte, à s'immerger dans cette civilisation étonnante mais qui demeure secrète et inexpliquée..En 1807 il quitte définitivement le lycée, celui ne lui offrant plus rien. L'Egypte est maitenant une priorité dans sa vie et le restera toujours.Son destin est en marche.Il suit des cours au Collège de France et à l'Ecole des Langues Orientales où il étudie l'hébreu,l'arabe,le persan, le syriaque, le chaldéen et le copte.En 1808 il commence à rédiger une grammaire copte et un an plus tard en juillet 1809 il est nommé professeur adjoint d'histoire ancienne à la faculté des lettres de Grenoble. Il a 19 ans...en 1810 il est nommé par décret avec son frère docteur ès lettres et explique dans un discours prononcé à l'Académies des sciences et des Arts , ses idées sur l'écriture égyptienne à savoir que les hiéroglyphes pourraient avoir un caractère phonétique.En 1815, ses positions en faveur de Bonaparte lui valent la suppréssion de sa chaire d'histoire et il est assigné à résidence à Figeac en compagnie de son frère.Il en profite pour faire des recherches archéologiques sur le site dUxellodunum et implanter l'enseignement mutuel dans le Lot.