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"Derrière chaque grand homme se cache une
femme..."
A cette expression souvent employée on
pourrait ajouter"une femme et une ville"; une ville qui a vu naître, grandir et
mourir. Un lieu chargé de souvenirs diverses et d'émotions, un lieu parfois
indissociable de son natif. Tous les grands personnages de l'histoire ont vu
leur destin lié à un endroit précis, symbole de leur réussite ou de leur
échec dont on conserve jalousement le souvenir.
De
Colombey-Les-Deux-Eglises à Auvers-sur-Oise
, nombreux sont les lieux célèbres
pour avoir donné naissance, ou abriter la tombe d'un être au destin
exeptionnel.Figeac fait partie partie de ceux-là...
En effet le
23 décembre 1790 nait à Figeac un des plus brillant esprit scientifique de son
temps: Jean-François Champollion.
Evoquer l'existence
de ce savant extraordinaire n'est pas chose aisée,tellement sa vie fut riche et
fructueuse.
Lorsque l'on parle de
lui, on se rend compte que tout le monde connait son nom et mieux encore
sait ce qu'il a fait.On le respecte et on l'admire car il est celui qui a
rendu possible la compréhension d'un monde jusqu'alors totalement mystérieux, la
Civilisation Egyptienne, gràce au déchiffrement de sa langue écrite, les
hiéroglyphes.Cette découverte scientifique majeure l'a fait rentrer dans
l'histoire mais sa vie à elle seule est un monument .
Quand il nait en 1790,
La Révolution chamboule tout sur son passage et fait éclater un monde
jusqu'alors figé dans ses traditions féodales.Son père est libraire à Figeac et
il a trois soeurs et un frère Jacques-Joseph, qui aura une importance capitale
dans sa vie. Ce frère ainé qui a 12 ans de plus que lui est lui aussi un
esprit remarquable.Il devine très vite les dons précoces de son cadet pour les
langues et décide de prendre en main son éducation.Installé à
Grenoble, Jacques Joseph travaille et se perfectionne dans les lettres
anciennes, sa grande passion.Il deviendra très vite un érudit reconnu et un
homme très recherché dans la haute société grenobloise.Jean-François Champollion
a une grande admiration pour son frère ainé et son départ pour Grenoble le déçoit
beaucoup.Pendant ce temps il poursuit ses études à Figeac mais il rencontre des
problèmes; il est alors confié à un religieux en 1799
Dom Calmels qui lui enseigne le latin. Très vite celui ci observe
chez son élève un don et un goût très prononcé pour les langues mais aussi pour
le dessin: Pourtant l'enfant a des lacunes mais Don Calmels pressent chez lui
un talent exceptionnel. A cette époque Jean-François est déja passionné par ce
qu'il fait, et montre un tempérament "volcanique", emporté, enthousiaste à
l'excès...un véritable méridional!Ce caractère explosif le suivra toute sa vie
,et marquera cette personnalité unique.
Mars 1801 est une
dâte primordiale dans la vie de J-F Champollion. Il part pour Grenoble rejoindre
ce frère ainé tant admiré. Il a onze ans et commence alors sa véritable
éducation. Confié d'abord à un instituteur, il poursuit ensuite ses études avec
son frère, qui lui enseigne le latin version et thème chaque jour, grammaire
française . Au bout d'un an, il est confié à un prêtre l'abbé Dussert très
aprécié à Grenoble.L'enfant qui vit quotidiennemnt avec un passionné de livres et
de langues anciennes, ressent lui aussi cet amour des lettres anciennes et
commence à développer ses remarquables dons.A l'école de l'abbé, on lui permet
d'étudier l'hébreu mais aussi trois autres langues sémitiques: l'arabe, le
syriaque et l'araméen. L'enfant n'a que douze ans et demi....son seul point
faible si on peut dire ce sont les mathématiques.Cet amour des langues
anciennes, sa passion pour la traduction et le déchiffrement des écritures
peuvent paraître étonnante chez un enfant de cet âge mais son génie naissant est
chaque jour positivé et influencé par son frère ainé.
En 1804 il
passe le concours d'entrée au lycée où il est admis .Il y fait des études
brillantes mais ne s'y plait pas du tout : la discipline lui est
insupportable.Sa connaissance des langues s'enrichit : il lit la Bible dans le texte,
le Coran, le grec, le syriaque et le chaldéen.A ce moment c'est un
adolescent passionné, révolté et qui se prépare à un destin exceptionnel.
Il commence à
se passionner pour l'Egypte, monde encore mystérieux mais
qui intrigue depuis la campagne d'Egypte de Bonaparte en 1799. Il faut
imaginer l'adolescent dévorant les livres, les dictionnaires , étudiant sans
relache, traduisant avec plaisir la Bible, les auteurs grecs.Il étudie
aussi particulièrement le copte(langue issue de l'ancien égyptien écrite en
un alphabet dérivé du grec)et se rend compte très vite que cette langue est une
clé indispensable pour comprendre l'écriture pharaonique.
Tout le porte à se
passionner pour l'Egypte, à s'immerger dans cette civilisation étonnante mais
qui demeure secrète et inexpliquée..En 1807 il quitte définitivement
le lycée, celui ne lui offrant plus rien. L'Egypte est maitenant une
priorité dans sa vie et le restera toujours.Son destin est en marche.Il suit des
cours au Collège de France et à l'Ecole des Langues Orientales où il étudie
l'hébreu,l'arabe,le persan, le syriaque, le chaldéen et le
copte.En 1808 il commence à rédiger une grammaire
copte et un an plus tard en juillet 1809 il est nommé
professeur adjoint d'histoire ancienne à la faculté des lettres de Grenoble. Il
a 19 ans...en 1810 il est nommé par décret avec son
frère docteur ès lettres et explique dans un discours prononcé à
l'Académies des sciences et des Arts , ses idées sur l'écriture égyptienne à
savoir que les hiéroglyphes pourraient avoir un caractère
phonétique.En 1815, ses positions en faveur de
Bonaparte lui valent la suppréssion de sa chaire d'histoire et il est assigné à
résidence à Figeac en compagnie de son frère.Il en profite pour faire des
recherches archéologiques sur le site dUxellodunum et implanter l'enseignement
mutuel dans le Lot.
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